Les fonctionnaires du fisc sont en grève depuis jeudi. En parallèle, deux vice procureurs anti-fraude fiscale ont démissionné tandis que le ministère des Finances tente de mettre en place un système anti-pots de vin.
Situation quelque peu chaotique aux sein des services fiscaux grecs. Les fonctionnaires ont lancé depuis jeudi une grève de deux jours afin de protester contre les mesures de rigueur. Du coup, les Grecs qui attendaient le dernier moment en cette fin d'année pour mettre à jour leurs dossiers se sont précipités mercredi dans les bureaux du Trésor public, rapporte l'agence de presse AP.
Les fonctionnaires protestent contre les mesures d'austérité. «Nous subissons des baisses de salaires et 4500 postes ont été sabrés», déclare le responsable du syndicat professionnel Charalambos Nikolakopoulos. Ce mouvement survient alors que la Grèce peine à atteindre ses objectifs de rentrées fiscales pour 2011. La faute à une récession plus profonde que prévu et à une fraude omniprésente estimée par les autorités à près de 45 milliards d'euros.
Double démission
Le gouvernement, qui a fait de la lutte contre l'évasion fiscale son nouveau cheval de bataille, fait face sur ce terrain à un sérieux revers. Les deux vice-procureurs chargés de la lutte anti-fraude ont démissionné avec fracas mercredi. Dans une lettre, ils dénoncent à mots couverts des ingérences politiques dans leur travail.
«Nous n'acceptons pas d'être des procureurs sous tutelles, ont indiqué Grigoris Peponis et Spyros Mouzakitis. Nous n'acceptons pas de servir d'alibi à divers intérêts organisés et à ceux qui s'activent dans la zone grise du crime financier.» Derrière la colère des deux juges, il y aurait aussi la crainte d'être remplacés par des juges de la Cour suprême.
Peponis et Mouzakitis ont été nommés en cours d'année pour épauler la star des magistrats grecs, l'ancien procureur anti-terroriste Yannis Diotis, pour appliquer une nouvelle réglementation anti-fraude se voulant très stricte. Dorénavant, les évadés fiscaux risquent la prison mais peuvent négocier le paiement immédiat de leurs arriérés d'impôts en échange d'une ristourne, précisent les avocats.



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